jeudi 10 juillet 2014

EN AVANT LES ATELIERS ! (1)

Des écoliers, des collégiens, des lycéens, des jeunes demandeurs d'emploi, des habitants dans un centre social… Autant de rencontres permises par les ateliers-théâtre. Ceux-ci ont bonne presse : on espère beaucoup d'eux du côté de la socialisation, de la culture, de l'éducation, de l'épanouissement. On leur demande même souvent beaucoup plus que ce qu'ils ne peuvent donner. Décideurs, responsables, élus fantasment leur pouvoir de domestication, en attendant le grand soir de la grande représentation qui rassemblera comme par magie tous les participants sur scène dans une belle communication
Derrière cette façade, la réalité d'un atelier-théâtre est tout autre. Ce sont des heures de préparation. de concertation avec le partenaire enseignant. Une attention constante à un groupe et aux individus qui le composent. Une énergie à transmettre. Une flamme sans cesse à ranimer. Et un projet dramaturgique et  artistique à conduire. Avec parfois un grand sentiment de solitude et d'isolement. Et pourtant, pour nous intervenants qui acceptons d'aller conduire ces ateliers, une envie toujours renouvelée de partager nos goûts, notre envie, notre savoir-faire et notre savoir-être. Avec cette prise de risque toujours renouvelée d'amener un groupe à être acteur du projet qu'on lui propose. 
Pour la vingt-troisième année consécutive, l'atelier-théatre du lycée Chevrollier a donné plusieurs représentations de son projet de l'année, cette fois consacré à la pièce d'Hanokh Levin Funérailles d'hiver. Fameuse machine à jouer qui a permis aux lycéens d'incarner des personnages pleins d'énergie et d'humour autour d'une question centrale : comment maintenir un mariage prévu depuis longtemps quand il faut participer aux funérailles d'une aïeule ? 


mercredi 18 juin 2014

Débat théâtral en Malaisie - Episode 3 sur 3

Suite et fin...


Et ce fut une belle croisière. Loin d'être sur la réserve ou d'avoir une quelconque condescendance sur les activités que je leur ai proposées, ils ont au contraire fait preuve d'une fraîcheur, d'un dynamisme et d'une créativité constants et ils ont pris un réel plaisir à partager ces instants de solidarité théâtrale.


Le groupe s'est très vite constitué. L'énergie collective nécessaire pour profiter pleinement des dimensions ludiques, créatives et réflexives des jeux que je leur proposais a toujours été au rendez-vous et ils sont sortis dynamisés et frustrés d'un stage qui les a étonnés par sa méthodologie, sa progression et son intensité.

En effet, après un jeu en cercle pour se rencontrer et un autre pour prendre possession de l'espace de travail, nous avons enchaîné une séquence sur le secret, une séquence sur les statues et le théâtre image et terminé notre première journée avec un travail sur les rituels individuels et sociaux. La seconde journée a été consacrée à la création de scènes de débat autour de problématiques interculturelles rencontrées par certains stagiaires.


La préparation de ce stage m'a pris beaucoup de temps, car il s'agissait à la fois de faire une synthèse de mes années de pratique mais également de traduire en anglais les consignes et les termes parfois spécifiques à Entrées de Jeu des différents jeux dramatiques qui composaient mon programme. C'est aussi grâce à Bernard et aux échanges que j'ai eus avec lui lors de la préparation de ce stage que j'ai pu structurer au plus juste ces deux journées.

Les retours et commentaires à l'issue du stage ont été d'une richesse incroyable. Les participants ont fait un nombre impressionnant de liens avec leurs pratiques professionnelles, ils ont échangé sur leurs pratiques, débattu autour des scènes de débats qu'ils avaient créées et entrevu tout le travail réalisé par Bernard et la compagnie dans le développement de cet outil formidable qu'est le Débat théâtral de la compagnie Entrées de Jeu.

Il est très important pour moi de souligner la nature unique et singulière du travail développé par la compagnie. Beaucoup de choses se font dans le monde avec les techniques issues du théâtre forum. Les recherches que j'ai menées pour mettre en perspective la réflexion active menée au sein de la compagnie et pour promouvoir le livre de Bernard à l'international m'ont amené à découvrir, via internet, l'activité de nombreuses compagnies étrangères de théâtre forum. Et si parfois je percevais, à travers les vidéos de spectacles et les textes relatant leurs engagements, la filiation avec le travail de la compagnie, je (re)découvrais surtout les particularités, l'exigence sans cesse renouvelée et le foisonnement créatif de la compagnie Entrées de Jeu. De l'intérieur, il est parfois difficile de s'en rendre compte ; de l'extérieur, l'on peut le remarquer ; mais à 10000 km, cela devient une évidence. Cette aventure d'un collectif aussi large, aussi divers et aussi motivé, dans une France qui souvent, de l'étranger, peut paraître au bord de la crise de nerf, nourrit aujourd'hui d'un nouvel élan créatif plus d'une dizaine de stagiaires « joyful, energetic and dynamised », comme l'écrivait Augusto Boal.

A la fin du stage, ils étaient unanimes : nous ne pouvons en rester là...

                                                             Grégory Henno


(PS : C'est en découvrant  avec stupéfaction sur ce blog des images de spectateurs hilares, habitants du village de ses parents, que Marie a définitivement été convaincue de l'efficacité de ce type d'intervention. Je la remercie ici de sa confiance, de son dynamisme et de son sens de l'organisation. Une belle personne !)

jeudi 5 juin 2014

Débat théâtral en Malaisie - Episode 2 sur 3

Mais Marie se heurtait à la difficulté de mettre en pratique, de manière effective et active, cette tentative de prise de conscience. Et là où elle s'arrête dans ses ateliers débute en fait... le débat-théâtral. Il serait une suite logique de son travail, une mise en pratique de ce que l'on sait parfois et que l'on ne fait pas souvent. D'où son intérêt pour la démarche d'Entrées de Jeu.

Après plusieurs discussions fructueuses, nous en sommes arrivés à la conclusion que seul un stage ouvert à la fois à des personnes travaillant dans le même domaine que le sien et à des comédiens professionnels curieux de découvrir une nouvelle pratique théâtrale pourrait nous permettre de débuter notre collaboration. Ce stage aurait deux objectifs : d'une part, donner aux consultants des outils facilement réutilisables dans leurs formations pour dynamiser et engager les participants dans une réflexion plus active, et d'autre part, de rencontrer dans le travail des acteurs susceptibles d'être intéressés de monter un premier débat théâtral en Malaisie.

Marie a tout organisé. Expatriée depuis de nombreuses années, très bien implantée en Malaisie depuis bientôt quinze ans, elle a, grâce à son réseau, trouvé la salle, organisé les repas, réuni les participants et réussi à me mettre dans les meilleures conditions possibles pour faire de ce stage un temps fort à la fois pour moi et pour ses participants. Comme je suis par ailleurs loin d'être à l'aise en anglais, elle était également là pour assurer mes arrières en cas de panne totale dans la langue de Shakespeare. Mais tout s'est très bien passé.

Après une présentation composée d'une biographie d'Augusto Boal pour expliquer la naissance du théâtre forum, d'une biographie de Bernard Grosjean pour relater son parcours professionnel et les diverses recherches théâtrales qu'il mène et d'un court exposé sur la pratique, l'éthique et l'esthétique de la compagnie Entrées de Jeu basé sur le dernier livre de Bernard « Du théâtre interactif pour (dé)jouer le réel », nous avons débuté par un simple tour de parole afin que chacun se présente.

Dans un stage, ce moment est toujours particulier. Certains participants se connaissent, d'autres sont esseulés. Comment se présenter, faire court, donner un résumé de son activité, son rapport au théâtre et finalement dire ce que l'on fait là, ce que l'on attend du stage, du formateur ? La particularité de ce stage est que je me suis rapidement aperçu, lors de ce tour de parole, qu'il y avait beaucoup d'expérience et de connaissance en face de moi. Certains ont écrit des livres, d'autres ont été acteurs dans plusieurs pays du monde, d'autres encore mènent des formations dans toute l'Asie. Mais ce qu'ils avaient tous en commun, c'est qu'habituellement, ils sont à ma place. Ce sont eux les formateurs, les intervenants, les conférenciers. Qu'ils soient Canadiens, Malaisiens, Portugais ou Français, ils ont une expérience en ce domaine largement supérieure à la mienne.

Qu'à cela ne tienne, embarquons, nous verrons bien jusqu'où nous voguerons ensemble.
                                                                Grégory Henno
A suivre...

Débat théâtral en Malaisie - Episode 1 sur 3

Debate theater workshop
Debate theatre techniques in training and facilitation



« Good morning everyone. I'm very happy to be with you this morning, to meet you for this first debate theater workshop in Malaysia.


I'm Gregory Henno, I'm a French actor and a director. I also led lots of theater training course in France. I just arrived in Malaysia in February last year with my family.



In France, I had the opportunity to work with a director named Bernard Grosjean for 12 years in his company, Entrées de Jeu. This company develops a particular theater, the debate theater. »



C'est par ces mots qu'a débuté le premier stage de débat théâtral en Malaisie, les 16 et 17 mai 2014. Accueilli dans les locaux du musée national des textiles situé en plein cœur historique de Kuala Lumpur, il a réuni une quinzaine de participants enthousiastes et curieux de découvrir cette nouvelle forme de théâtre venue de l'autre bout du monde.



Mais comment en suis-je arrivé là ?


Partis de France depuis bientôt trois ans, et après une aventure chinoise de dix-huit mois, nous avons posé nos bagages, ma famille et moi, à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie, en février 2013. Moi, je m'appelle Grégory Henno. Je suis comédien, metteur en scène et j'ai animé de nombreux stages, formations et ateliers en France de 1997 à 2011. J'ai également eu la chance de rencontrer Bernard Grosjean en 1997 lors de mes études universitaires. Ce n'est qu'en 1999 que j'ai rejoint sa compagnie, Entrées de Jeu, au sein de laquelle, pendant douze ans, j'ai pu créer, jouer et mener de nombreux débats théâtraux. Depuis trois ans, je suis régulièrement sur internet les aventures de cette compagnie restée chère à mon cœur, mais je n'avais jamais imaginé pouvoir développer cette activité dans mes contrées asiatiques.



Et pourtant nous y voilà. 



En juin dernier, la directrice de l'Alliance française de Kuala Lumpur me présentait à à Marie Christine Tseng, consultante en relations interculturelles au sein d'entreprises internationales. Je suis resté en contact avec elle pendant une année avant de la revoir pour discuter plus profondément d'une éventuelle collaboration. Elle a tout de suite été enthousiasmée par le récit que je lui faisais des nombreuses séances de débats auxquelles j'avais participé et elle a rapidement entrevu la complémentarité de nos compétences respectives.



En effet, Marie intervient dans les grandes entreprises pour essayer de faciliter les relations de travail au sein d'équipes composées de nombreuses nationalités et notamment pour aider les Malaisiens et les « Occidentaux » à travailler ensemble. Il est parfois difficile, pour les uns et les autres, de comprendre que dans ces grandes multinationales, c'est tout un monde qui se rencontre, que ce monde est composé d'une multitude de cultures aux codes, aux rythmes et aux rituels très divers et qu'il peut être difficile de travailler ensemble si l'on ne comprend pas ce qui régit les comportements de ses collègues. Marie intervient donc sous forme de conférences et de jeux de rôles pour essayer de faire prendre conscience aux participants que mieux connaître l'autre, dans sa complexité et son unicité, c'est un pas important pour mieux collaborer et mieux communiquer avec lui. Prendre le temps d'une parole parfois informelle, c'est gagner du temps pour une relation de travail plus efficace.


                                                   Grégory Henno
A suivre...

mercredi 28 mai 2014

ARTICLE SUR LE LIVRE DE BERNARD GROSJEAN

Pratiquer le théâtre-forum, par Michel VOITURIER, Rue du Théâtre 


Ancien disciple de Boal, Grosjean revoit la théorie du maître 

à la lumière de la pratique du théâtre forum.

Pendant plus de quinze ans, Grosjean a mis sa troupe au service d’institutions demandant de l’aide pour résoudre des problèmes relationnels cruciaux. Son objectif : « faire du théâtre-forum un jeu artistique et intellectuel efficace entre artistes et spectateurs et un espace pertinent de réflexion sur la transformation des situations problématiques ». Son livre se veut à la fois compte rendu d’une recherche artistique, énumération des exigences déontologiques, découverte d’un  théâtre interactif.



À ses yeux, le théâtre-forum avec sa modélisation de la réalité "permet de prendre des distances avec des situations complexes, d’expérimenter sans risques des lignes de conduite face à ces situations problématiques, débloquer les paroles sur le sujet abordé et de confronter les points de vue". Il donne et commente des formations à propos de la violence à l’école, du surendettement, des tensions entre chirurgiens et infirmières, de la bientraitance des traumatisés en milieu hospitalier, du désarroi des parents d’adolescents psychiquement malades, de l’autorité parentale sur de jeunes enfants, des relations entre puéricultrices et mères de famille ou entre aidants et malades d’Alzheimer, de la gestion de l’annonce d’un cancer à un patient, de l’accessibilité des femmes à des métiers masculins, de l’apprentissage du bien manger, de la prévention des accidents domestiques, des violences conjugales…



Pour aboutir à des résultats, il lui a fallu prendre quelque distance avec Boal, trop marqué par le contexte historique des dictatures sud-américaines des années 70 et des oppressions qui y étaient associées.  Il lui a fallu abandonner le schéma narratif quinaire aboutissant à grossir les effets en vue de susciter des réactions directes du public.



Une pratique ouverte
La pratique a permis à Grosjean et à sa troupe théâtrale de mettre en lumière une série de mécanismes liés au fonctionnement des institutions ou des groupes. Notamment celui du « jeu sans fin » : situation dans laquelle le désir de changement provoque chez un des partenaires une résistance d’autant plus forte chaque fois que le désir s’exprime, ce qui nécessite d’aborder le problème d’une manière neuve. Du coup, il s’agissait de révéler les contradictions des protagonistes et de leurs interrogations lorsqu’ils affrontent une autorité établie. Et, par conséquent de trouver des écritures qui rejoignent la réflexion de Jean-Pierre Sarrazac selon qui « la complexité des rapports humains et sociaux de notre époque ne se laissera circonscrire au théâtre qu’à l’aide des formes ».



La solution est venue d’un retour à Brecht et à son théâtre épique. D’abord pratiquer la distanciation et ne pas favoriser l’identification, en tous cas, la faire passer du héros vers un témoin familial, professionnel ou amical afin d’éviter le manichéisme. Se baser sur une documentation et une information  solides.  Pratiquer l’adresse au public en évitant le cabotinage ou le retrait derrière le masque de la technique du comédien. Préférer la stylisation au naturalisme.



Et enfin, puisque la plupart du temps, le forum se joue dans des lieux non conçus pour le spectacle,  les rendre quelque peu insolites en y intégrant un dispositif scénique – notamment paravents et portants pour leur souplesse de disposition et de leur utilisation. Dont Grosjean détaille les pratiques en fonction des enjeux des débats, tout comme les divers procédés d’écriture qui en découlent, inventaire particulièrement riche pour qui désirerait s’inspirer de cette expérience.



Le débat qui suit nécessairement la représentation est examiné sous l’angle du spectateur intervenant et des comédiens improvisant, compte tenu des différences qui séparent les groupes volontaires et les publics captifs comme ceux des matinées scolaires, des différences aussi liées aux lieux où cela se passe. Ainsi sont passés en revue les conditions de la réussite, les écueils et les pièges à éviter, les paradoxes à assumer, les expériences à engranger, le rôle spécifique du meneur de jeu.



28 mai 2014 sur le site Rue du théâtre.eu

mercredi 21 mai 2014

PARENTS, ACCEPTEZ-VOUS CETTE MISSION ?

Dans le cadre du XVIIIe Congrès des APEL qui avait lieu le 17 mai au Palais des Congrès de Strasbourg, nous avons créé un débat théâtral sur le sujet à l'ordre du jour  : parents d'élèves, un métier d'avenir. Parents, acceptez-vous cette mission ? abordait la question de l'accompagnement des enfants dans leur  travail scolaire et dans leur rapport à  l'école, à travers l'histoire d'une famille de quatre enfants. 
  • Julie est en primaire, et sa maitresse lui donne parfois des indications de travail qui la déstabilisent, ou des jugements qui la blessent. Ses parents doivent-ils intercéder en sa faveur auprès de l'école ?
  • Théo a de grosses difficultés au collège malgré ses efforts, ses cours particuliers et ses séances d'orthophoniste. Ses parents ne savent plus comment l'aider.
  • Jérémie est au lycée, et il a décidé de "se la couler douce". Il arrive à peine à la moyenne et est satisfait de lui. Comment ses parents peuvent-ils le motiver pour en faire un peu plus que le strict minimum ?
  • Colline, l'aînée, est en terminale. Elle est brillante mais elle se met en permanence la pression. Ses parents craignent qu'elle en fasse trop.
C'est la quatrième fois que l'APEL national faisait appel à Entrées de jeu dans le cadre de son congrès annuel. 

Vous pouvez visionnez la vidéo de présentation de ce débat  : Parents, acceptez-vous cette mission ?


Un mot du commanditaire :
À vous les comédiens d’Entrées de Jeu :
Vous dire Merci, c’est trop peu, je ne vois pas quel mot utiliser… Sinon que je suis comblée par ce que vous avez donné à nos congressistes et eux aussi, ils me l’ont dit.
Avec mon amitié,

Régine FLORIN
Responsable de la Formation de l'Apel nationale


Un mot d'un spectateur
Merci beaucoup, votre intervention a été vraiment excellente, tant dans sa partie "préparée" par la justesse de vos comédiens et par vos choix (autour de la diversité des personnages), que dans la phase d'improvisation pour laquelle vous avez su intégrer notre spontanéité sans jamais perdre le contrôle de votre sujet. Mission impossible? Non, mission magistralement réussie!!!

Pascal Thévenon
Parent d'élèves dans l'Oise (Compiègne)

mardi 15 avril 2014

MA PLANÈTE SE MEURT lors de la semaine du Développement durable à Rouen

Dans le cadre de la semaine du développement durable, la municipalité de Rouen nous a commandé cinq représentations de Ma planète se meurt pour les élèves de CM2 d'écoles primaires et pour les éco-délégués des conseils municipaux d'enfants. 


L'occasion de vérifier une fois de plus l'implication et la connaissance des écoliers vis-à-vis de ces sujets.



Dès que la pièce redémarre, les mains se lèvent en effet par dizaine pour venir défendre une idée sur scène. Idées simples et souvent pleines de bon sens pour tenter de faire changer les comportements de la famille Bouchegrain empêtrées dans ses contradictions entre soif de consommation et conscience du devenir de la planète.